Watson : Dark romance – Brindtmay

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La présence de démons se fait de plus en plus présente…

Les démons existent. Ils vivent en nous et prennent un malin plaisir à nous anéantir. Ils nous consument, nous détruisent comme bon leur semble. Ils sèment la peur et la terreur dans notre cœur. Et bien qu’ils soient mauvais, nous acceptons leur présence parce que nous savons, nous savons que la douleur est omniprésente sur terre. Ces démons nous livrent bataille et parfois, ils gagnent.

La torture n’a jamais été aussi exquise que sur toi ma Belle. Tu as brisé les règles et tu vas t’en repentir. Ma passion pour le martyre est bien trop ardente, et la folie est mon identité. Prends garde Shirley, la salle du supplice n’attend que toi.

Découvrez sans plus attendre ce récit de dark romance où les démons enfouis en chacun de nous se réveillent petit à petit et envahissent la vie de Shirley !


 »  Je vous torturerai pour toujours et à jamais Shirley. Jusqu’à ce que la souffrance nous sépare, jusqu’à ce que notre douleur nous consume « 

Tout d’abord, je remercie l’auteur de m’avoir fait confiance pour lire son livre. Brindtmay cherchait des lecteurs et le résumé m’a tout de suite accroché donc je m’étais proposée. Ensuite, on va mettre les choses au clair tout de suite, ce livre n’est PAS de la dark romance. J’avoue que je commence à en avoir marre que l’on mette ce terme dès qu’une histoire est tordue ou sort des sentiers battus, car ce n’est pas ce qui fait une dark romance, du moins ce n’est pas que ça. Mais la dark romance est à la mode en ce moment, alors tout et n’importe quoi est ainsi labellisé. Pour en savoir plus sur ce genre et ce qui le caractérise, je vous renvoie vers deux articles très bien expliqués du site Bluemoon (ici et ). Pour moi, ce livre est plutôt dans le genre horreur avec une pointe de romance (mais très légère). En y réfléchissant bien, je me demande même si je ne classerai pas ce livre dans le sous-genre du « torture porn » (terme certes plutôt attribué à des films).

Thomas Watson est propriétaire d’un château au passé effrayant et sur lequel circule de nombreuses histoires sordides. Il a décidé de l’ouvrir au public car cela lui permet, entre autre, de se fournir en chair fraîche. C’est dans ce contexte que Shirley va interviewer le propriétaire des lieux pour en savoir plus sur lui et le château, sans se douter un seul instant de ce qui l’attend.

Je dis que ce livre me fait penser au genre du torture porn car la torture est le passe-temps préféré du personnage principal et cela jalonne quasiment tous les chapitres de l’histoire. Ces scènes sont clairement dérangeantes et il ne vaut mieux pas les lire après un repas bien copieux. Sinon j’ai apprécié que l’auteur ait osé aller aussi loin dans les descriptions, on peut donc dire que les choses n’ont pas été à moitié faites. Le côté « romance » de l’histoire ne m’a pas vraiment convaincu car, pour moi, une personne comme Watson n’est pas capable d’amour. Ce qu’il recherche, c’est une partenaire soumise à ses moindres désirs et caprices et qui est partagera ses déviances, quitte à l’y contraindre. Dans une dark romance, même si le personnage masculin se comporte comme le pire des salauds avec l’héroïne, il y a toujours une certaine forme de rédemption qui est recherchée pour qu’ils puissent tous les deux vivre une histoire d’amour. Ici, on a juste un psychopathe égocentrique et tueur en série qui de part sa nature et son passé ne peut pas vivre ou même comprendre ce qu’est l’Amour. L’idée que lui se fait de l’amour colle au personnage, de ce point de vue l’auteure a été cohérente, mais je ne peux pas considérer cette histoire comme une « romance ».

Sinon j’ai trouvé qu’il y avait des incohérences au niveau de l’enquête. Vu la réputation autour du château de Watson, cela fait longtemps que des enquêteurs auraient dû y débarquer en force et investiguer en profondeur. Attention, ici je vais spoiler un peu donc si vous souhaitez lire le passage, il suffit de le surligner ***De plus, quand la police débarque à la fin pour arrêter Watson et Shirley, elle ne prend même pas la peine d’au moins menotter le majordome alors qu’un témoignage plus qu’accablant le situe comme complice des atrocités. Même s’il était coupable de rien, un agent de police aurait dû le menotter par simple précaution, quitte à le relâcher après.*** Aussi, je trouve que nous n’en savons pas assez sur ce majordome qui vit au château de Watson alors qu’il a clairement un rôle important dans l’histoire. Qui est-il en réalité ? Avait-il une vie avant d’arriver au château ?

Je vais pointer un dernier élément de l’histoire qui m’a gêné dans la façon dont il a été amené mais ce sera aussi en spoiler. Je ne veux pas gâcher la découverte pour ceux qui souhaitent lire le livre mais je souhaite aussi avoir un retour des personnes ayant lu le livre pour voir si elles pensent comme moi. ***Les chapitres finaux sous forme de lettres du père de Watson à sa mère donne un éclairage intéressant sur ce que Watson a subi et comment il s’est transformé en ce monstre. Mais c’est dommage que ces chapitres viennent après l’histoire car cela donne le sentiment qu’ils ont été ajoutés pour donner des renseignements supplémentaires aux lecteurs, en mode ah oui histoire que vous compreniez bien… Peut-être aurait-il fallu les disperser dans l’histoire car cela aurait permis de mettre en lumière de façon plus prononcée et distillée l’origine de la folie du personnage et pas juste nous amener cela tout d’un coup en une fois. ***

Je viens de parler de certains points spécifiques de l’histoire. Maintenant, si je prends l’histoire dans sa globalité, c’est la deuxième fois en peu de temps que je lis un livre dont le contenu n’est pas vraiment tel qu’il est présenté et cela m’ennuie profondément. Pour le résumé sur la 4e de couverture, sachez que ce ne sont pas les démons présents en chacun de nous qui vont envahir la vie de Shirley mais uniquement ceux de Watson, et les siens sont déjà éveillés depuis longtemps.

Pour finir, en ce qui concerne l’écriture de Brindtmay, elle est très graphique. Le lecteur n’aura aucune difficulté à visualiser les scènes décrites. Par contre, ce qui m’a fait tiquer à plusieurs moments, c’est le choix de certains mots qui m’ont sortis de ma lecture. J’ai senti que l’auteur a voulu bien travailler son texte mais c’est comme si elle avait parfois cherché à trouver un mot un peu particulier. A chaque fois je butais sur ce mot qui faisait un peu ovni dans la phrase et j’étais obligée de la relire pour la comprendre. Exemples : « Les trois délurés partirent laissant X, esseulée, face à ses angoisses. » (Je ne pense pas que « délurés » est un mot approprié pour décrire 3 psychopathes), « Il n’y avait aucun moyen d’éluder un plan de secours […] » (Élaborer ? Concevoir ? Fomenter? Pour moi « éluder » signifie éviter, échapper, esquiver… ).

En conclusion, il y avait de bonnes idées mais je n’ai pas été convaincue par ma lecture. De plus, si l’auteure avait présenté son roman comme un roman d’horreur sur fond de torture au lieu d’une dark romance, cela serait mieux passé.

Note : 6 /10


Watson : Dark romance – Brindtmay

Art en Mots éditions, 03-12-2018, 137 pages

Ebook : 1€99

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