Chroniques littéraires

Quelques gouttes de sang sur le bureau du maire – Hubert Huertas

Dans une métropole du sud de la France, à l’approche des municipales de mars 2020, les amis du maire sortant tombent les uns après les autres : mort « naturelle », empoisonnement, exécution. Candidat à sa réélection, Louis Bérisha a été élu douze ans auparavant dans des conditions troubles. La commissaire Naïma Zidani, née dans les quartiers pauvres de la ville, et son ami d’enfance, le journaliste Alex Carbonier, mènent l’enquête dans les milieux politiques, économiques, syndicaux et médiatiques. Un monde, parfois à la lisière du banditisme, dont les acteurs se soutiennent et se combattent tout à la fois. C’est le début d’une traque ébouriffante, de fausses pistes en révélations, Alex et Naïma étant même prévenus des crimes avant qu’ils ne soient perpétrés. Que signifient ces liquidations, millimétrées comme des opérations de communication ? Un scénario de politique-fiction dangereusement proche de la réalité.


 » Le lendemain, devant les caméras et les micros, il signa sa démission à la manière de Donald Trump, avec cette énorme signature qui exprime à la fois la mégalomanie et l’angoisse d’être un nain. « 

Je remercie Mylène des éditions l’Archipel pour l’envoi de ce livre.

La politique, ce n’est pas mon truc. Il est facile de penser que la politique n’est qu’un jeu de faux-semblants, de pots de vin, de magouilles, de copinage. Et bien ce livre prouve cela du début à la fin !

Ce récit se partage entre deux périodes : 2007/2008 et 2019. Au début du roman, nous assistons de nos jours à l’enterrement d’un ami du maire. Bien évidemment, de nombreuses personnes y assistent et cela sert à nous présenter tous les personnages. J’avoue que j’ai été un peu perdue et j’ai dû prendre quelques notes pour m’y retrouver. Mais une fois que l’on connait chaque personne, c’est beaucoup plus simple et il ne faut surtout pas se laisser freiner par cette introduction. On va ensuite vite passer au récit des événements survenus 10 ans plus tôt. Si au début je me suis demandée pourquoi on me racontait tout cela, je me suis vite se rendue compte que les événements du passé ont un impact considérable sur ce qui se passe de nos jours.

Le récit est raconté par le personnage de la commissaire Naïma Zidani qui a mené l’enquête en 2007/2008 et qui va devoir la replonger dedans pour comprendre les enjeux du présent. Elle forme un duo parfait avec le journaliste Alex Carbonier. Ils ont une relation « je t’aime moi non plus » mais Naïma sait quand elle doit écouter Alex sur ce qu’il a découvert et Alex sait quand il a besoin de son aide pour creuser l’affaire un peu plus loin. Alex peut évidemment se permettre des choses que ne ferait pas un policier mais il a autant envie de résoudre cette affaire que Naïma. C’est d’ailleurs lui le premier qui va faire le rapprochement entre certains faits. J’ai beaucoup aimé la commissaire car c’est une femme, elle vient des quartiers et c’est une immigrée de la deuxième génération. Certains personnages sous-entendent qu’elle a réussi grâce à une politique de « discrimination positive » mais il n’est est rien. Naïma s’est faite toute seule, en étudiant et en persévérant, ce qui force le respect.

En face de ce duo, nous avons Louis Bérisha et son entourage. En pleine campagne électorale, il se révèle être un manipulateur né, un fin stratège et arrive à retourner à peu près toutes les situations à son avantage. C’est d’ailleurs déroutant de voir avec quelle facilité il le fait. Bien évidemment, ce n’est pas par amour pour sa ville qu’il souhaite à tout prix se faire élire mais pour la position que cela offre et l’occasion que cela procure d’amasser un petit pactole. Le portrait de politique peint par l’auteur n’est pas du tout glorieux mais d’un côté, je ne serais même pas étonnée que ces magouilles existent réellement. A un certain moment, j’ai failli reconnaître des personnalités politiques dans les descriptions mais je ne connais pas assez les politiciens français que pour en être sure.

L’enquête est très prenante parce que j’avais vraiment envie que le maire et son entourage soient arrêtés. J’ai assez facilement deviné qui était responsable des événements actuels mais ce n’est pas pour cela qu’on lit ce livre. C’est pour voir jusqu’où sont capables d’aller ceux qui veulent gouverner une ville. Le pouvoir et l’argent sont deux mobiles vieux comme le monde après tout. L’auteur sait très bien mener ses récits tout en gardant le lecteur captif de l’intrigue. De plus, il n’hésite pas à utiliser des mots plus compliqués. J’ai plusieurs fois noté des mots pour aller chercher les définitions dans le dictionnaire. J’ai donc appris des choses pendant ma lecture et j’aime ça !

En conclusion, si vous trouvez cela jouissif que des personnes malhonnêtes se prennent un retour de bâton monumental, foncez ! J’ai tellement aimé ma lecture que je vais essayer de trouver les autres romans de l’auteur. S’ils sont dans la même veine, je risque fort d’avoir trouvé un nouvel auteur à absolument suivre…

Note : 8.5/10


Quelques gouttes de sang sur le bureau du maire – Hubert Huertas

Editions L’Archipel, 23-01-2020, 272 pages

Livre : 19€ / Ebook : 13€99

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